Je dois être dans une phase de transition, post-traumatique ou je sais pas trop quoi. Je me sens mieux, sans vraiment être bien. C'est alors que tout le monde se demande ce que je raconte. Bref, je devrais être soit vraiment heureuse, soit vraiment triste mais je n'y arrive pas. Comme si c'était trop dur d'être malheureuse. Il n'y a que moi pour sortir un truc pareil. Je me rend compte que le passé c'est comme un livre, quand t'es arrivé au bout il faut réussir à le fermer. Moi j'ai du mal à fermer mon livre ( et ma gueule mais bon .. ) et ça me pose radicalement problème ces derniers temps. Tout le monde s'en fout de ce que je raconte et, au fond, tant mieux. ^^ De toute façon, même en fermant un livre, qu'on ait aimé ou pas, on y pense encore forcement pendant un petit moment. Ouais, moi ça finit par me hanter carrément, le jour, la nuit, le matin, le midi, le soir .. Enfin tout le temps quoi. Est-ce qu'on doit faire une sorte de deuil du passé, s'habiller en noir pendant 3 ans en espérant oublier .. déposer des gerbes de fleurs ( ou autre hein ^^ ) sur la tombe de son histoire, pleurer ou faire semblant d'être heureux pour pas perdre la face, que les gens ne pensent pas qu'on déprime. ( Rahh un truc qui m'énerve au passage, j'ai remarqué que lorsque l'on fait semblant d'aller bien, les gens autour remarquent tout de suite qu'il y a quelque chose qui cloche alors que lorsque qu'on va vraiment mal et qu'on ne cherche pas à le cacher, les gens ne remarquent rien ou pensent que c'est du pipeau.. Bande de cons ù_ù ) Si il faut faire ça je l'ai bien porté ce foutu deuil alors.
Il y a vraiment des jours où je me dis que ça ne sert à rien tout ça. Se lever, s'habiller, essayer de ressembler à quelque chose ( sans se ressembler vraiment hein .. ), se mettre une couche de peinture, se cacher, et puis sortir pour aller travailler ou étudier ( ou faire semblant dans mon cas ). Parfois je me dis que ça ne sert pas à grand chose, de toute manière pour ma part je ne sais toujours pas ce qui m'intéresse, ce que je sais faire, ce que je pourrais faire et ce que je vais faire l'année prochaine. Gros cas de conscience en fait. Je ne sais rien les amis, c'est un fait.
Je me dis que d'un côté, tout est tracé, une grande ligne droite devant moi, avec des fleurs, des papillons, et Lui*. Sur cette fabuleuse ligne, il y a celui qui m'empêche de dormir convenablement depuis 6 mois et 12 jours, le seul, l'unique. Et quand j'y pense que je me dis que la ligne, droite et sans embuche, je dois la suivre. Je dois LE suivre, parce que je l'aime et que je ne vois plus ma vie sans lui, et que je ne peux pas faire autrement, et je ne veux pas faire autrement. Et même si tout ça me fait peur ( il va surement l'apprendre en lisant l'article, dédicace Amour ^^ ) je me dis que je n'ai jamais été aussi sur de moi. Hé oui. La vie est étrange, elle nous amène sans cesse à nous remettre en question. Elle nous met face à nous-même, à nos problèmes, à nos peurs .. à tout ce qui pourrait nous briser. J'ai lu quelque part que le plus difficile n'est pas de tomber, c'est de se relever après chaque chute. Je pense que tout est dis. Des chutes j'en ai connu, les gens savent ou ne savent pas, peu importe, on est toujours tout seul face à nos problèmes. Le plus dur ce n'est pas le moment ou l'on tombe, la douleur est vive, prenante, insupportable parfois mais elle n'est que la partie visible de l'iceberg, elle n'est que le prologue .. Ce qui est difficile, c'est de se relever, de prendre sur soi, de garder certaines choses pour soi, de ne jamais les dire parce qu'on ne peut pas, parce qu'on s'en veut, parce qu'on ne veut pas que le regard des autres change.. Le plus dur c'est de faire comme si rien ne s'était passé, comme si tout allait bien.. Le plus dur, c'est d'aller mal. Et d'aller mal sur la longueur. D'aller mal, longtemps. Une douleur passagère, comme lorsque le médecin nous fait une piqure, lorsqu'on se brule ou que l'on prend un coup de jus .. elle fait mal mais deux minutes plus tard on en rigole. Une douleur qui s'installe, et qui reste parce qu'elle se sent chez elle en nous, c'est ça qui fait réellement mal. C'est se réveiller tous les matins en sentant sa présence à l'intérieur, c'est se demander quoi faire pour qu'elle s'en aille, c'est se coucher le soir en ne pensant qu'à elle, c'est la voir dans ses rêves, c'est finir par se demander si on a encore une place dans ce monde là qui ne comprend pas. C'est se demander si on est encore soi-même. C'est perdre confiance, c'est perdre contact, c'est perdre pied. C'est s'enterrer vivant avec son malheur, c'est s'emmurer avec son silence, c'est se noyer dans son mal-être. C'est être seul. Il pourrait y avoir 200 personnes à vos côtés, vous seriez seul quand même. Ce n'est pas physique, c'est invisible, incalculable, indétectable, inaudible et on aimerait que ce soit indolore. Mais on la sent, elle tire, elle grappille, elle mange, elle avale, elle est gourmande la douleur. Elle finit par grignoter tous nos bons souvenirs pour ne laisser derrière elle que la mélancolie et un sentiment d'impuissance. Le passé est là, bien présent mais intouchable. Si seulement nous pouvions le changer, le modifier, le modeler, en effaçant les erreurs, en recalculant certaines données, en se donnant la force de ne pas recommencer comme avant. C'est l'avant qui bousille le maintenant, on le sait tous.
Malgré tout, je pense que pour avancer, il faut se servir dans cet "avant" .. prendre ça et là quelques petites choses .. savoir les utiliser pour se donner de la force et du courage. Moi je n'ai pas su, et je ne saurais jamais comment utiliser tout ce que j'ai vu et vécu pour me donner les moyens d'avancer convenablement. La force, je la trouve en Lui* maintenant, et ça me convient parfaitement. Même si la dépendance à un autre être humain n'a jamais été ma tasse de thé .. pour lui, je me pli aux bonnes volontés du Très-Haut - et de ce qu'on appelle l'Amour, il parait ^^ - et je me donne, corps et âme, dans ce Nous qui me fait vivre pour longtemps. :)
Je vous salue bien bas.
Macha.


