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Il est minuit passé de 20 minutes ( mais c'est quoi cette formulation pourrie pour donner l'heure? ù_ù ) et ça fait 3h que j'ai ouvert cette page, que je regarde le fond blanc en me demandant ce que je vais bien pouvoir écrire dessus. Et là, hop, coup de pression, je me lance. C'est pas que je suis inspirée, non .. j'ai juste envie d'écrire. Allez savoir pourquoi.
Je dois être dans une phase de transition, post-traumatique ou je sais pas trop quoi. Je me sens mieux, sans vraiment être bien. C'est alors que tout le monde se demande ce que je raconte. Bref, je devrais être soit vraiment heureuse, soit vraiment triste mais je n'y arrive pas. Comme si c'était trop dur d'être malheureuse. Il n'y a que moi pour sortir un truc pareil. Je me rend compte que le passé c'est comme un livre, quand t'es arrivé au bout il faut réussir à le fermer. Moi j'ai du mal à fermer mon livre ( et ma gueule mais bon .. ) et ça me pose radicalement problème ces derniers temps. Tout le monde s'en fout de ce que je raconte et, au fond, tant mieux. ^^ De toute façon, même en fermant un livre, qu'on ait aimé ou pas, on y pense encore forcement pendant un petit moment. Ouais, moi ça finit par me hanter carrément, le jour, la nuit, le matin, le midi, le soir .. Enfin tout le temps quoi. Est-ce qu'on doit faire une sorte de deuil du passé, s'habiller en noir pendant 3 ans en espérant oublier .. déposer des gerbes de fleurs ( ou autre hein ^^ ) sur la tombe de son histoire, pleurer ou faire semblant d'être heureux pour pas perdre la face, que les gens ne pensent pas qu'on déprime. ( Rahh un truc qui m'énerve au passage, j'ai remarqué que lorsque l'on fait semblant d'aller bien, les gens autour remarquent tout de suite qu'il y a quelque chose qui cloche alors que lorsque qu'on va vraiment mal et qu'on ne cherche pas à le cacher, les gens ne remarquent rien ou pensent que c'est du pipeau.. Bande de cons ù_ù ) Si il faut faire ça je l'ai bien porté ce foutu deuil alors.
Il y a vraiment des jours où je me dis que ça ne sert à rien tout ça. Se lever, s'habiller, essayer de ressembler à quelque chose ( sans se ressembler vraiment hein .. ), se mettre une couche de peinture, se cacher, et puis sortir pour aller travailler ou étudier ( ou faire semblant dans mon cas ). Parfois je me dis que ça ne sert pas à grand chose, de toute manière pour ma part je ne sais toujours pas ce qui m'intéresse, ce que je sais faire, ce que je pourrais faire et ce que je vais faire l'année prochaine. Gros cas de conscience en fait. Je ne sais rien les amis, c'est un fait.
Je me dis que d'un côté, tout est tracé, une grande ligne droite devant moi, avec des fleurs, des papillons, et Lui*. Sur cette fabuleuse ligne, il y a celui qui m'empêche de dormir convenablement depuis 6 mois et 12 jours, le seul, l'unique. Et quand j'y pense que je me dis que la ligne, droite et sans embuche, je dois la suivre. Je dois LE suivre, parce que je l'aime et que je ne vois plus ma vie sans lui, et que je ne peux pas faire autrement, et je ne veux pas faire autrement. Et même si tout ça me fait peur ( il va surement l'apprendre en lisant l'article, dédicace Amour ^^ ) je me dis que je n'ai jamais été aussi sur de moi. Hé oui. La vie est étrange, elle nous amène sans cesse à nous remettre en question. Elle nous met face à nous-même, à nos problèmes, à nos peurs .. à tout ce qui pourrait nous briser. J'ai lu quelque part que le plus difficile n'est pas de tomber, c'est de se relever après chaque chute. Je pense que tout est dis. Des chutes j'en ai connu, les gens savent ou ne savent pas, peu importe, on est toujours tout seul face à nos problèmes. Le plus dur ce n'est pas le moment ou l'on tombe, la douleur est vive, prenante, insupportable parfois mais elle n'est que la partie visible de l'iceberg, elle n'est que le prologue .. Ce qui est difficile, c'est de se relever, de prendre sur soi, de garder certaines choses pour soi, de ne jamais les dire parce qu'on ne peut pas, parce qu'on s'en veut, parce qu'on ne veut pas que le regard des autres change.. Le plus dur c'est de faire comme si rien ne s'était passé, comme si tout allait bien.. Le plus dur, c'est d'aller mal. Et d'aller mal sur la longueur. D'aller mal, longtemps. Une douleur passagère, comme lorsque le médecin nous fait une piqure, lorsqu'on se brule ou que l'on prend un coup de jus .. elle fait mal mais deux minutes plus tard on en rigole. Une douleur qui s'installe, et qui reste parce qu'elle se sent chez elle en nous, c'est ça qui fait réellement mal. C'est se réveiller tous les matins en sentant sa présence à l'intérieur, c'est se demander quoi faire pour qu'elle s'en aille, c'est se coucher le soir en ne pensant qu'à elle, c'est la voir dans ses rêves, c'est finir par se demander si on a encore une place dans ce monde là qui ne comprend pas. C'est se demander si on est encore soi-même. C'est perdre confiance, c'est perdre contact, c'est perdre pied. C'est s'enterrer vivant avec son malheur, c'est s'emmurer avec son silence, c'est se noyer dans son mal-être. C'est être seul. Il pourrait y avoir 200 personnes à vos côtés, vous seriez seul quand même. Ce n'est pas physique, c'est invisible, incalculable, indétectable, inaudible et on aimerait que ce soit indolore. Mais on la sent, elle tire, elle grappille, elle mange, elle avale, elle est gourmande la douleur. Elle finit par grignoter tous nos bons souvenirs pour ne laisser derrière elle que la mélancolie et un sentiment d'impuissance. Le passé est là, bien présent mais intouchable. Si seulement nous pouvions le changer, le modifier, le modeler, en effaçant les erreurs, en recalculant certaines données, en se donnant la force de ne pas recommencer comme avant. C'est l'avant qui bousille le maintenant, on le sait tous.
Malgré tout, je pense que pour avancer, il faut se servir dans cet "avant" .. prendre ça et là quelques petites choses .. savoir les utiliser pour se donner de la force et du courage. Moi je n'ai pas su, et je ne saurais jamais comment utiliser tout ce que j'ai vu et vécu pour me donner les moyens d'avancer convenablement. La force, je la trouve en Lui* maintenant, et ça me convient parfaitement. Même si la dépendance à un autre être humain n'a jamais été ma tasse de thé .. pour lui, je me pli aux bonnes volontés du Très-Haut - et de ce qu'on appelle l'Amour, il parait ^^ - et je me donne, corps et âme, dans ce Nous qui me fait vivre pour longtemps. :)

Allez, je me tais.
Je vous salue bien bas.
Macha.
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# Posté le vendredi 13 février 2009 19:24

Modifié le dimanche 24 mai 2009 19:21

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" - On vit... comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore... Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustrés pour l'éternité, soit on y parvient et on se rends compte qu'on s'en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rends compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis qu'on le veuille ou non, on attends toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle... On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident. On prends trop de coke, on frôle l'overdose. Ça fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point-la, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste, parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du c½ur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on n'a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu'on appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on n'a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux. Et on crève doucement dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d'antidépresseurs, et le sourire aux lèvres..."

Hell, Lolita Pille.

# Posté le vendredi 13 février 2009 07:24

Modifié le vendredi 27 mars 2009 17:53

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« Les gens tristes ont les plus beaux sourires. »

Claude Jasmin

# Posté le mercredi 11 février 2009 20:34

Modifié le dimanche 24 mai 2009 19:22

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Déporté,
Ce mot nous fait penser
A tous ces hommes
Dont le vécu nous étonne
Et nous donne
L'envie que plus jamais l'heure ne sonne.
A toutes ces femmes
Qui, aux regards de ces SS infâmes,
Ont versés tant de larmes
Pour que jamais ne recommence ce drame.
A tous ces enfants,
Jeunes filles en plein épanouissement
Et leurs frères qui, timidement,
S'en allait vers une mort sans jugement.
Et un peuple d'ombre
Qui, trop parfait pour se confondre,
Préféra regarder de ses yeux immondes,
Partir en fumer le reste du monde.

Macha. 2004


« " Il arrive que les élèves fixent du regard le tatouage de mon bras, sans oser tout à fait, vaguement gênés. Certains vont même jusqu'à me demander l'effet que ça me fait de me réveiller avec ces numéros bleus sous la peau. C'est simple : je pense qu'on ne revient jamais complètement d'Auschwitz. J'y ai laissé une partie de moi-même, la "petite Ida". Et mes parents : ma mère, dont j'ai compris très vite, à voir l'état des déportés de 1942, qu'elle n'avait pu survivre ; et mon père, dénoncé, parti par le dernier transport du 31 juillet 1944, que j'ai longtemps espéré retrouver et dont je ne saurai jamais quand et comment il a été assassiné."
" A quoi les camps m'ont-ils rendue le plus sensible, le plus durablement ? Au racisme sous toutes ses formes. Nous naissons égaux en droits. Le danger totalitaire n'est jamais écarté de façon certaine. Plus physiquement : je ne supporte pas de voir quelqu'un privé de sa liberté, ou avoir faim. Cela réveille en moi une douleur intacte après soixante ans. "
Et le "devoir de mémoire", qu'il arrive de voir contester, juger inutile, lassant, dangereux?
" J'ai assez dit qu'il m'avait conduite à témoigner, à endurer la visite des camps. Je sais que ma voix s'éteindra bientôt. Ce livre vise à prolonger mes paroles. Il sera la gerbe que nous abandonnons, à la fin de nos visites, sur la mare où sombraient les cendres du crématoire.
" Il sera le caillou que les juifs croyants déposent au bord des tombes."
[...]
A propos des tentations totalitaires, je ne connais pas de plus belle mise en garde que celle du pasteur Martin Niemöller, en 1945 :
" Lorsque les nazis vinrent chercher les communistes, je me suis tu : je n'étais pas communiste. Lorsqu'ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je me suis tu : je n'étais pas social-démocrate. Lorsqu'ils sont venus chercher les Juifs, je me suis tu : je n'étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je me suis tu : je n'étais pas catholique. Et quand ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester. "
Je n'oublie pas que j'ai reçu une mission sacrée. Je revois les femmes qui me l'ont confiée, en partant pour le Revier, antichambre de la mort :
" Si vous rentrez, il faudra leur dire. Ils ne vous croiront pas, mais il faudra leur dire."
Leur, c'est vous. Aujourd'hui. Demain. »

J'ai pas pleuré. Ida Grinspan.

# Posté le mercredi 11 février 2009 16:23

Modifié le dimanche 24 mai 2009 19:23